Mon chemin vers le yoga


Holà, je suis Justine et j’avais envie de te partager mon parcours. J’ai un super-pouvoir — et ouais, je suis neuroatypique. D'ailleurs, ça ne fait pas si longtemps que j’ai compris que ça pouvait aussi être un super-pouvoir.
J’ai fait des études d’assistante sociale que j’ai énormément aimées. Mais j’ai dû compenser énormément pour y arriver. Je ne partais déjà pas avec les mêmes facilités, mais j’ai tenu bon. Ces études m’ont beaucoup apporté: elles m’ont permis de mieux comprendre les réalités sociales, les inégalités et les injustices vécues par certaines personnes.
Puis, quand je suis entrée dans le monde du travail, les choses sont devenues chaotiques pour moi. Je n’avais pas appris à m’écouter, à reconnaître mes limites ni à sentir ce dont j’avais besoin. J’ai connu des emplois où la surcharge de travail était incompréhensible, où il ne restait plus assez de place pour l’humain ni pour faire un travail que je trouvais juste. Le système lui-même était chaotique et ajoutait encore des injustices.
J’ai rapidement décompensé. Le burn-out est arrivé, puis la perte d’estime de moi et, peu à peu, le sentiment de m’être perdue. J’étais totalement déconnectée de mon corps. Avec le recul, je crois que c’est ce qui m’avait le plus manqué: apprendre à l’écouter et à m’appuyer sur lui.
La musique, elle, fait partie de ma vie depuis toujours. Le milieu des free-parties m’a offert une bulle d’air, mais aussi un endroit à nous, où nous pouvions nous retrouver, ne pas être isolé·es et être nous-mêmes, même quand nous ne rentrions pas dans la norme. Chacun·e y était accueilli·e, quelle que soit sa classe sociale, son origine, son orientation sexuelle ou sa manière de s’habiller. Le paraître et les étiquettes y avaient moins d’importance. Cette expérience a ouvert mon regard sur le monde et m’a sensibilisée à des valeurs qui comptent encore beaucoup pour moi: la créativité, la collaboration, le partage, la solidarité et l’autogestion.
Bien sûr, il y avait aussi du chaos, et ce n’était pas toujours simple. Mais il y a quelque chose de très beau dans ces espaces, dans ce sentiment d’appartenance et de liberté.
J’y ai aussi découvert une autre façon de trouver un peu de calme au milieu du chaos. Quand écouter ou parler devenait trop difficile, ou quand les émotions étaient trop fortes, il restait la musique. Les basses, ressenties dans mon corps, m’aidaient à couper le bruit extérieur et à me réguler. C’était une manière de retrouver un espace à moi, sans avoir besoin de tout expliquer.
Assez vite, je me suis aussi tournée vers la méditation. Puis, j’ai suivi une formation qui abordait la gestion du stress, la musicothérapie, l’art-thérapie et la méditation.
Ensuite, j’ai fait une demi-année de spécialisation en psychomotricité. Cette période m’a beaucoup apporté. Une professeure, Pascale Jacob, m’a notamment appris l’importance du « pourquoi » : pourquoi ce sujet compte pour moi, qu’est-ce qui m’anime, et qu’est-ce que j’ai vraiment envie de transmettre?
Pendant cette spécialisation, j’ai effectué mon stage à l’IMP de Theux. J’y ai découvert des espaces qui proposaient un cadre sécurisant et différentes possibilités d’exploration: dans une salle, on pouvait bouger et décharger son énergie; dans une autre, jouer à des jeux de société, faire de la musique, raconter des histoires avec des marionettes dans une ambiance plus calme.
Dans la troisième salle, il y avait notamment un hamac et un lit d’eau, qui pouvaient offrir une sensation de contenance et de sécurité. Le jeune pouvait y recevoir un massage. On pouvait aussi utiliser les vibrations comme un appui pour l’aider à revenir aux sensations de son corps. Certains appréciaient ces propositions, d’autres moins.
Cette expérience m’a sensibilisée à l’importance des repères sensoriels et corporels, ainsi qu’à la possibilité de moduler son tonus entre mouvement et repos. J’y ai vu une façon d’aider chacun·e à trouver des appuis pour habiter son corps et prendre soin de soi.
C’est un fil que je retrouve aujourd’hui dans le yoga, où le mouvement, la respiration et les temps de pause offrent eux aussi des repères pour s’écouter et avancer à son rythme.
J’ai ensuite suivi un cycle de huit semaines de MBSR, une approche de réduction du stress basée sur la pleine conscience.
Le yoga est arrivé dans ma vie à un moment où j’avais besoin de me reconnecter à moi-même. Il me ramenait au mouvement lorsque rester assise pour méditer devenait trop difficile. Il m’apportait aussi beaucoup de présence et de pleine conscience. Petit à petit, j’ai appris de plus en plus à écouter mon corps, à reconnaître ce qui me faisait du bien et à revenir vers moi.
J’ai eu la chance de me former chez Karma Yoga, à l’Institut tibétain de Huy, où j’ai suivi une formation de professeure de Hatha yoga de 200 heures.
J’ai fini par comprendre que je n’étais ni trop, ni pas assez. J’étais parfaitement imparfaite, et c’était OK.
Qu’est-ce que le Hatha yoga ?
Le mot « yoga » est souvent traduit par « union » : une recherche d’harmonie entre le corps, le mental, l’esprit et l’énergie.
Le hatha yoga associe des postures (asanas), des exercices de respiration (pranayama) et de la concentration. C’est une pratique active qui permet de mobiliser et de renforcer le corps, d’assouplir les muscles et de cultiver une attention plus présente.
Pas besoin d’être souple ou sportif·ve: chacun·e avance à son rythme, avec des adaptations possibles.
Un yoga accessible à chacun·e
Aujourd’hui, j’ai envie de partager les outils qui m’ont aidée à respirer à nouveau, à me reconnecter à mon corps et à apprendre à m’écouter. Mes cours proposent des postures, de la respiration et une attention au corps et à l’esprit, dans le respect de chacun·e, sans jugement ni recherche de performance.
Ils sont ouverts à toutes et tous, y compris aux personnes qui pensent ne pas être assez souples ou ne pas savoir faire. L’important n’est pas de réussir une posture parfaite, mais de s’offrir un moment à soi, à son rythme.
Je souhaite que le yoga puisse rester accessible au plus grand nombre. Si votre situation financière rend la participation difficile, je vous invite à m’en parler en toute simplicité. Selon les situations et les possibilités de chacun·e, nous pouvons parfois réfléchir ensemble à une autre forme d’échange, comme un troc de services. N’hésitez pas à me contacter pour en discuter.
Mon chemin n’est pas celui de tout le monde, et je ne pense pas que le yoga soit la solution à tout. Mais je peux partager les pratiques qui m’ont aidée, pour que chacun·e puisse explorer, ressentir et trouver ce qui lui fait du bien.
Et surtout, apprendre à briller à sa manière.
